DANS LA FAMILLE "JE TROC" JE VOUDRAIS LA COUSINE

Publié le par la fée des bois

Et oui c'est reparti pour un troc
mais cette fois c'est avec PARFUM DU CIEL (
link)
nous nous sommes dit que ce serait pour mars
il se peut que ce soit avant car ça me "démange les aiguilles"
je vient de finir une veste pour une copine de ma fille
j'ai une autre robe à faire en commande pour une autre copine
et je m'y met
 



















veste 3 couleurs + fourrure grise en polaire 3 poches les unes sur les autres et des photos de la veste porté très bientôt j'èspère j'attend de les reçevoirs.

mais en attendant voici les photos de mon chapeau free (qui rique d'avoir bientôt des petits frères)
porté par mon garçon


























et puis un petit texte de Fred Vargas
pour nous rapeller ou nous sommes et qui nous sommes


 

par Fred Vargas

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace
dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui
ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille
cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste
était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau,
nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les
mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous
sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent
quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la
pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la
banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer
le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome,
enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter
dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la
Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est
obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits
réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre
avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer
avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui
nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute
illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec
la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer
le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix,
contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la
nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile,
laisser le charbon là où il est, ^ attention, ne nous laissons pas tenter,
laissons ce charbon tranquille ^ récupérer le crottin, pisser dans les champs
(pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est
quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le
savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la
barbarie ^une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie
peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas
Archéologue et écrivain

Nous y sommes
 
 

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missker 14/02/2009 11:00

Vraiment, merci beaucoup pour ce texte de Fred Vargas. J'espère qu'un maximum de personnes le lira!
Bravo pour ce que tu fais, cette veste 3 couleurs est superbe !

heloise 12/02/2009 19:27

j'adore ta veste!!!!!!!!!!! décidément un jour un troquera une veste ou manteau lutin hein dis hein;) t'as vu j'ai mis ton cdeau en ligne;) super contente que tu troques avec ma cousine ça va être d'enfer encore! bisous! au fait je ne te l'ai pas dis encore mais ton loulou est trop mignon!

clairedanslalune 11/02/2009 22:54

trop beau! la veste est vraiment géniale, je veux la même!!! va falloir que je m'améliore encore un peu pour faire un manteau... mais qui sait l'hiver prochain?
et ce bonnet, fort sympatoche aussi!!!